Pour la moitié de la population mondiale, le paludisme demeure l’un des pires fléaux de la terre en matière de santé publique. Cette maladie, qui engendre la pauvreté et ruine la vie des ménages, parvient encore trop souvent à anéantir l’avenir de nombreuses populations de par le monde, notamment en Afrique, en Amazonie et dans la région du delta du Mékong, en Asie du Sud-Est. Rien qu’en Afrique tropicale, elle tue près de trois mille personnes par jour, surtout de petits enfants et des femmes enceintes qui en constituent les cibles les plus vulnérables.
Observée le 25 avril, la Journée mondiale contre le paludisme a pour but de sensibiliser sur ce fléau et de mobiliser les efforts pour lutter contre cette maladie. Les États-Unis, pour leur part, ont pris des mesures extraordinaires en vue d’enrayer la propagation de cette maladie contre laquelle il existe des recours tant préventifs que curatifs.
L’Initiative présidentielle contre le paludisme est dirigée et mise en œuvre par l’Agence américaine pour le dévelop pement international (Usaid), avec l’assistance du Centre de contrôle et de prévention (Cdc) et la collaboration du Corps de la paix américain. Avec un budget de 1,2 milliard de dollars, étalé sur cinq ans, la Pmi constitue un effort historique du gouvernement américain en vue de financer des programmes antipaludiques en Afrique. Au Sénégal, la Pmi va investir, sur une période de quatre ans, près de 72 millions de dollars dans des activités de lutte contre le paludisme.
Simple et directe, cette stratégie comporte deux pôles. D’abord, la prévention : la Pmi apporte son soutien aux aspersions intra domiciliaires à effet rémanent destinées à éloigner les moustiques, à la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée qui protègent contre les piqûres de moustiques porteurs de paludisme, et au traitement préventif intermittent des femmes enceintes. Au cours de ces deux dernières années, près de 1,5 million de moustiquaires ont été distribuées dans le cadre de la Pmi. Et, les populations des districts de Richard Toll, Vélingara et Nioro ont pu bénéficier des aspersions intra domiciliaires, protégeant ainsi plus de 645.000 personnes.
Ensuite, le traitement : la Pmi assure la distribution de nouveaux médicaments très efficaces et forme des agents sanitaires sur l’utilisation de ces médicaments. De concert avec les gouvernements nationaux et d’autres donateurs, la Pmi a contribué très vite à renforcer l’application de cette double stratégie de prévention et de traitement dans quinze États d’Afrique subsaharienne. En effet, l’appui de la Pmi au Sénégal a permis de former 3.500 agents de santé communautaires sur le diagnostic et le traitement des cas bénins de paludisme, apportant ainsi un traitement effectif et rapide des personnes atteintes.
Au cours de la troisième année de mise en œuvre de la Pmi, les États-Unis ont étendu leurs mesures de prévention et de traitement à plus de 32 millions d’Africains. En 2008, la Pmi a acquis et distribué plus de 6,4 millions de moustiquaires longue durée aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, et a assuré 15,6 millions de traitements antipaludiques individuels. Des aspersions intra domiciliaires à effet rémanent ont été effectuées dans six millions de logements, assurant la protection de près de 25 millions de personnes exposées au risque de paludisme.
Au Sénégal, une baisse considérable des cas de paludisme a été notée. Avec l’introduction des tests de diagnostic rapides et l’expansion des activités de prévention, le nombre de personnes infectées a considérablement diminué. En effet, moins de 276.000 cas et 722 décès ont été enregistrés pour l’année 2008.
Les programmes de lutte contre le paludisme doivent être pérennisés. Le gouvernement américain met l’accent sur l’amélioration des capacités internes des pays d’accueil en privilégiant la formation en gestion, prestation de soins et appui aux services de santé dont le bon fonctionnement revêtira une importance cruciale pour remporter des victoires durables contre les maladies infectieuses.
Ces succès ont été rendus possibles grâce à des partenariats avec les pouvoirs publics des pays d’accueil, avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, avec le programme antipaludique de la Banque mondiale, avec la Fondation Bill et Melinda Gates, et avec d’autres encore. Au Sénégal, la Pmi est particulièrement fière de sa relation avec le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) et salue les efforts remarquables de cette dynamique équipe.
Les partenariats conclus avec les associations religieuses et des communautés de base sont particulièrement adaptés aux efforts de lutte contre le paludisme en raison de la confiance que ces groupes inspirent à la population, de leur compétence sur le terrain et de leur aptitude à mobiliser un nombre significatif de bénévoles.
Aujourd’hui, à travers le Sénégal et dans le monde entier, des enfants et leur famille dorment sous des moustiquaires; des associations de proximité apprennent aux femmes à suivre un traitement antipaludique pendant la grossesse et à obtenir un traitement salutaire pour leurs enfants malades. Dans les écoles et dans les villages, dans les centres sociaux et les lieux de culte, dans les cliniques et les hôpitaux, on sent grandir l’optimisme quant aux chances de succès de la lutte mondiale contre le paludisme. Cet optimisme, nous le partageons. En cette Journée mondiale contre le paludisme, les États-Unis ne cesseront de s’employer à galvaniser les esprits et à mobiliser aussi bien les milieux associatifs que le secteur privé en vue d’éradiquer ce fléau.
PAR Madame Marcia S. Bernicat
Ambassadeur des Etats-Unis à Dakar
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